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Domaine de la Charmoise: la cuvée “Premiere vendange” de Henry Marionnet à l’honneur dans le Figaro

Samedi 16 mai 2009

Il y a quelques semaines, nous vous présentions Henry Marionnet, du Domaine de la Charmoise, en Touraine.

Henry Marionnet Henry Marionnet est un viticulteur qui respecte au maximum “l’intégrité naturelle” de ses vignes, en les accompagnant plus qu’en intervenant dessus, et en les laissant s’exprimer plutôt qu’en ayant recours à des artifices, chimiques ou autres. Henry est également un vigneron atypique et audacieux, et ses cépages, qui possédent tous une particularité notable, le sont tout autant. Le Domaine de la Charmoise produit ainsi de formidables cuvées, aussi passionantes à déguster qu’à raconter: des cuvées issues de cépages franc de pied, en blanc (Vinifera Sauvignon franc de pied), comme en rouge (Vinifera Côt franc de pied) ou de cépages rares comme le Gamay de Bouze (cuvée “les cépages oubliés”); des cuvées issues de vignes pré-phylloxériques, parmi les plus vieilles de France (cuvée “Provignage”) ou au contraire issues de vignes encore toutes jeunes (cuvée “premières vendanges”).

C’est cette dernière (et à travers elle, le travail de Henry Marionnet) qui est à l’honneur dans le Figaro, sous la plume d’Alain Sarraute. Jugez plutôt:

“Pendant les deux ultimes décennies du siècle dernier (le XXe, donc), l’œnologie a fait sans aucun doute plus de progrès qu’elle n’en avait connu depuis Noé. Progrès technologiques, mais surtout progrès des connaissances permettant aux vignerons de perfectionner un savoir-faire souvent empirique. Ainsi Henry Marionnet s’est-il lancé un défi en Touraine: à partir de vignes de gamay d’une quarantaine d’années, élaborer une cuvée parfaitement pure, sans aucun apport extérieur, sans levures pour contrôler la fermentation, sans soufre pour stabiliser le vin, sans collage pour le clarifier. C’est véritablement du travail sans filet, avec un risque bien réel de contamination bactérienne capable de faire virer toute la cuve en piquette en l’espace de quelques heures à peine.”

“Le résultat est impressionnant: un gamay qui ne ressemble à aucun autre, avec une couleur très soutenue, au nez, des arômes de fruits noirs (cerise, mûre), en bouche, un bel équilibre entre fruité et fraîcheur, mais surtout une étonnante complexité qu’on n’attend ni de ce cépage ni de cette région. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un vin de garde: mieux vaudra le boire dans l’année, plutôt frais (12°C), comme on faisait d’ailleurs autrefois quand la chimie babillait encore. Le profane se régalera. Et le connaisseur s’enthousiasmera.”

Mais au fait, qu’entend-on par “vieilles vignes”…?

Mardi 21 avril 2009

Il est très courant de rencontrer parmi la gamme d’un vigneron, une cuvée « vieilles vignes », issue d’une parcelle où sont cultivées lesdites vignes. Mais qu’est qu’une “vieille vigne”, qu’entend-on précisément par ce terme, et pourquoi cette caractéristique est-elle mise en avant ?

 

 

Il faut tout d’abord savoir que la mention « vieilles vignes » n’est en aucun cas un label ou une appellation. Il n’existe en France aucune définition légale de ce qu’est une « vieille vigne ».  Le sens de cette expression est donc tout relatif puisque dans certains domaines, elle désignera des vignes de 90 ans, tandis que dans d’autres, ces vénérables pieds n’auront pas plus de 20 ans. Dans le bordelais, présenter des vignes âgées de 20 ans comme vieilles fera sourire, tandis que dans une région viticole encore jeune, cet âge paraîtra conséquent.

Ce « label » officieux ne désigne donc pas objectivement un âge défini, et par « vieilles vignes », il faut en général comprendre « les plus vieilles vignes du domaine ».

 

Ceci sous entend deux idées.

Tout d’abord, que cette mention prise en elle-même ne vous apprendra rien. Pour savoir ce qui se cache derrière ce terme lorsqu’il apparaît sur une étiquette, il faut au préalable connaître le domaine, son histoire, sa façon de travailler.

Ensuite, que l’appréciation d’un vin issu d’une parcelle de vieilles vignes se fait en général en le comparant aux autres vins du domaine, issus de parcelles « classiques ». En effet, on s’accorde à penser que des vignes plus âgées donneront de meilleurs vins, plus concentrés et plus intenses, car avec l’âge, le rendement de celles-ci va en diminuant. Toutefois, on n’identifie pas de caractéristiques précises communes à tous les plants de vieilles vignes, et c’est donc essentiellement par référence aux vins d’autres parcelles que leur singularité pourra être appréciée.   

 

Quoiqu’il en soit, en ce qui concerne la France, (et en gardant à l’esprit la relativité évoquée précédemment) on considère en général qu’une vigne est adulte à l’âge de 20 ans, et qu’elle peut être qualifiée de « vieille » à partir de 40 ans. Rares sont celles dépassant les 90 ans, ne serait-ce que parce que la crise du phylloxera, apparu en France en 1863, a duré jusqu’au début du XXème siècle. Il existe cependant encore des vignes « pré-phylloxériques » ayant miraculeusement résisté aux attaques du parasite. Henry Marionnet, propriétaire du domaine de la Charmoise, (dont Christophe Guitard parle plus en détails sur le blog d’Ochato) produit ainsi sa cuvée « Provignage» à partir de vignes datant de 1850 !

“Début 1998, un vigneron habitant près de chez moi est venu me proposer ses quatre hectares de vignes” raconte Henry Marionnet. “Parmi celles-ci, à ma grande surprise, se trouvait une parcelle très ancienne de 0,36 ha qui, d’après la tradition orale, avait été plantée en 1850. Des experts ont confirmé le grand âge de cette vigne, qui n’a donc pas été greffée puisque le phylloxéra n’est apparu en France qu’à partir de 1870. Je pense posséder aujourd’hui la plus vieille vigne de France.”

 

Au final, ce qui fascine le plus avec ces vieilles vignes, c’est peut-être le fait qu’elles représentent la mémoire d’un terroir, comme le laisse entendre Henry Marionnet à qui nous laisserons le mot de la fin: “(Le vin produit à partir de ces vignes) représente une page de notre histoire et fait partie du patrimoine de notre pays.”